o saisons aux chateaux

Ô saisons aux châteaux*

Et soudain ce fut l’hiver terrible, acharné,
Apportant une fièvre brûlante comme au 14 juillet,
En même temps que le froid glacé du couperet
Autour des cous blancs et délicats des baronnets.

Qui se souvient encore des promenades galantes,
Passées en belle compagnie, dans les parcs roussis,
Doucement réchauffés par des mœurs décadentes
Et par un soleil d’automne qui, le froid radoucit.

Il y avait eu l’été, trop chaud en cette année,
Où tous réunis pour vacances à Versailles,
Oisifs et indolents, ils avaient adoré, plus même vénéré,
Ce Divin Roi Soleil, qui les sortait de la paille.

Mais jamais malgré tout, ils n’eurent plus belle fête,
Qu’au printemps précédent, quand, régénérant leurs âmes
Ils purent à la Beauté, dans la fugueur de leur flamme,
Témoigner, ériger, faire renaître plus coquette !

Ce fut leur premier amour et cela ne s’oublie pas !
C’est en voyant vos pierres, moi l’enfant du futur
Que je devins gourmand d’un gâteau de châteaux
Pièce montée majestueuse où trône l’Empereur !

* allusion au titre d’un poème d’Arthur Rimbaud