tourments

Tourments

J'ai goûté, inconscient, au fruit défendu,
Et fait miens, quotidiens, des délices inconnus,
Toujours assoiffé, devenant pire qu'un libertin,
Je cherchais, obstiné, mais ne trouvais rien.
Des merveilles du monde, à faire pâlir aux Cieux,
Je m'abreuvais, sans soucis, pensant encore à mieux.
Mes yeux virent ainsi les cavernes splendides,
Des voleurs et pillards parmi les plus avides.

Il en fût de même pour toi, douce fille d'Eros,
Qui un jour sous mon toit, m'apporta une rose;
Elle se mit à faner, comme tout bien et pourtant,
J'appris qu'en nos âmes, là se trouvent nos liens
Que de tout temps, ailleurs on cherche en vain.

J'ai passé le plus clair de mon temps
Dans un paradis d'arrangements,
Puis la vie m'a conduit, sans trop me nuire,
Subtile sirène, légèrement, à me détruire.
L'enfer me guettait... anonymement,
Sans éclairs ni tonnerre, "point de Lucifer ni de Satan !"
Feux sans éclats, nuits sans sabbats...
Mesquinement, le Mal même n'en était pas !

Et maintenant j'attends, maladif, nerveux,
J'attends que ton sourire, illuminant tes yeux,
Me soulage un instant de mon éternel tourment,
Toi ma Terre Promise, à en oublier Dieu,
Qui fait battre mon coeur, comme celui d'un vieux.